Titres de Services : Le marché des Titres Restaurant

titres restaurantSodexo estime à 130md d'euros le marché des titres de services pour les segments sur lesquels il opère, une estimation qu’il a récemment revue en hausse (versus 85md d'euros précédemment). Ce relèvement du potentiel tient non seulement à l’intérêt de nouveaux pays pour ce type de produits mais aussi à l’ouverture grandissante des administrations publiques.Sur la base de ce nouveau potentiel de marché, les deux principaux acteurs (Accor Services n°1, Sodexo n°2) détiendraient une part de marché cumulée de 20% (en termes de volumes d’émission). Ceci laisse présager du potentiel énorme que recèle ce marché dans la mesure où les autres intervenants sont des petits concurrents nationaux qui officient le plus souvent sur un segment de marché bien spécifique. De même que pour la restauration collective, la problématique n’est pas de prendre des parts de marché à un concurrent mais plutôt 1/ d’augmenter le taux de pénétration, 2/ de gagner de nouveaux clients en étoffant l’offre au maximum et 3/ faire du lobbying auprès des gouvernements pour qu’ils développent ces programmes d’incitations fiscales, qui permettent un accroissement du pouvoir d’achat de la population.

Le marché des titres de services

Les titres de services sont principalement présents en Europe, où ils ont été créés, et en Amérique latine où ils bénéficient d’un engouement qui ne se dément pas, car ils font partie intégrante du pouvoir d’achat. Les titres de services offrent un potentiel de croissance à long terme significatif, porté par des facteurs démographiques, par la tertiarisation de l’économie et par la volonté des gouvernements d’accroître le pouvoir d’achat d’une partie de la population (programme d’aide publique).Au vu du potentiel du marché, Accor Services estime que les titres de services de type déjeuner/alimentation devraient croître à un rythme de 8% à 16% par an tandis que les autres titres (avantages aux salariés, « incentive »...) devraient présenter des taux de croissance supérieurs à 15% dans les prochaines années.Le scénario d’Accor Services que nous pouvons appliquer à Sodexo s’appuie sur les éléments suivants :
  • Augmentation du taux de pénétration (5% à 7% de croissance) : les taux de pénétration sont encore faibles sur certains marchés clés. En France le taux de pénétration est estimé à 12% contre 40% en Roumanie.
  • Extension de l’offre de services (1 à 4%) : une entreprise préférera avoir recours à un seul intervenant qui centralisera tous ses besoins ;
  • Développement international (1% à 3%) : Sodexo bénéficie d’une implantation internationale grâce à son offre de restauration collective qu’il peut compléter par son offre de titres de services ;
  • Conquérir de nouveaux pays : 1% à 2%. A ce jour, Sodexo est présent dans 31 pays. Accor Services dans plus de 40.

Le fonctionnement des titres de services

Une machine à cash parfaitement huilée

  • Les émetteurs, tels que Sodexo ou Accor Services, vendent aux directions des Ressources Humaines des entreprises des titres de services (pour une valeur faciale de 100 à laquelle se rajoute une commission) et effectuent par la suite le remboursement des titres présentés par les commerçants ;
  • Les employeurs cèdent ces titres à leurs salariés pour un montant inférieur à la valeur faciale. La participation patronale est exonérée de charges fiscales et de cotisations sociales ;
  • Les employés utilisent ces chèques dans un réseau de commerçants affiliés à l’entreprise qui a émis les titres ;
  • Les commerçants présentent les titres aux émetteurs pour remboursement (valeur faciale à laquelle est déduite une commission).
Les revenus des émetteurs, et de Sodexo notamment, sont donc composés des commissions calculées sur le volume d’émission (clients et commerçants) auxquelles se rajoutent les intérêts financiers perçus sur le placement de la trésorerie (pendant 60 jours environ), et les chèques périmés ou perdus pour lesquels le remboursement ne sera pas demandé.Sodexo reste très vague sur la part de chaque composante dans la formation du CA, précisant seulement qu’elles représentent chacune environ 1/3 du CA, la part des chèques périmés étant marginale. En revanche Accor Services publie de façon plus précise le passage entre volume d’émission et CA.Le business model génère un besoin en fonds de roulement structurellement négatif puisque Sodexo n’enclenche le processus de fabrication des chèques qu’à compter du paiement des chèques et titres de services par l’entreprise. Il s’écoule ainsi 60 jours en moyenne entre le moment où Sodexo reçoit le paiement du client et le moment où le commerçant demande le remboursement.

Le Titre Restaurant : Un business « gagnant-gagnant »

Toutes les parties prenantes à la mise en place de chèques et titres de services sont gagnantes. Pour en expliquer les raisons, nous avons choisi de prendre l’exemple des Titres Restaurant en France sur la base d’une étude publiée en 2008 par la CNTR (Commission Nationale des Titres Restaurant).En France, les Titres Restaurant représentent environ 80% du marché des titres de services et sont détenus par 4 acteurs : Accor Services (Tickets Restaurant), Sodexo (Chèque Restaurant), Groupe Chèque Déjeuner (Chèque Déjeuner) et Natixis Intertitres (Chèque de Table).Depuis 1981, le marché du titre restaurant a crû, en moyenne, de 5% par an en volume et de près de 11% en valeur. La différence provient de l’accroissement de la valeur faciale des titres. Ainsi depuis 1997, la valeur faciale des titres a progressé de près de 20%.

Chacun y trouve son compte:

  • Employeurs : le Titre Restaurant peut être mis en place quelle que soit la taille de l’entreprise. Cette dernière bénéficie d’une exonération de charges sociales et fiscales à hauteur de5,19€ par titre, un montant fixé par la législation sachant que la valeur faciale d’un titre restaurant ne peut excéder 10€ en France. Le recours à des Titres Restaurant permet à l’employeur d’économiser jusqu’à 33% de charges sociales par rapport à une situation sans titre restaurant.
  • Salariés : le Titre Restaurant est considéré comme un complément de salaire et n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu ni à des cotisations sociales. Le salarié ne paie que 40% ou 50% de la valeur faciale du titre. Le Titre Restaurant permet au salarié d’accroître de 43% son pouvoir d’achat. Selon une étude Ipsos réalisée en septembre 2008, 76% des employés utilisant un Titre Restaurant le considère comme un complément de revenus significatif.
  • Commerçants : ils sont assurés du remboursement de leurs titres. Les titres sont remboursés dans un délai maximum de 21 jours à compter de la remise des titres. Par ailleurs, ils leur assurent un volume régulier 1/ puisque 15% à 20% des repas servis sont payés via un Titre Restaurant et 2/ permettent une certaine fidélisation de la clientèle.
  • Le gouvernement : l’impact fiscal est nul pour le gouvernement puisque d’un côté, il octroie un avantage fiscal aux entreprises et aux salariés mais de l’autre, les restaurateurs lui rétrocèdent la TVA et créent également des emplois.


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3 Commentaires à “Titres de Services : Le marché des Titres Restaurant”

  1. je suis pour l »encadrement stricte du ticket restaurant… c’est chose faite ouf il était plus que temps….et pour le ticket restaurant ou prime dite panier pour les employés que leur patron envoie travailler hors secteur du siège de l’entreprise et utilisé uniquement pour se restaurer.. OK … Par contre hormis ce cas, cela devient une niche fiscale et un revenu conséquent non taxé… Je suis donc pour que ce revenu soit imposé comme les autres… Evidemment quand on lit dans la presse que , pour renflouer telle caisse Etat, TOUS les revenus du capital doivent être imposables.. OK j’assume et je paye mais quand on fait ses achats de la semaine ( jusqu’ici) avec des tickets restaurant, que l’on remplit son caddy pendant que le voisin de caisse doit payer au centime près ses achats.. Est ce normal ? OUi diront les détenteurs de tickets…que le W.E on va au restaurant avec sa famille et qu’à la sortie on paye avec une liasse de tickets… Toujours normal? Je n’ai jamais eu le droit à ce genre de largesse pas plus que du 13 ou 14 eme mois….mais dans mon entourage j’en ai….Le midi on mange très léger.. le soir mieux et en fin de semaine, on remplit le frigo pour la semaine gratuitement grâce aux chèques…. si ce n’est pas un avantage en nature c’est quoi ? par rapport à ceux qui non rien que leur salaire pour vivre !

  2. @arnaud tiens on voit que les pros du secteur veille :D
    dans les faits vu l’exonération maximale de 5,19€, rares sont les entreprises qui octroient des titres à plus de 10€ non ? vous avez le cas ?

  3. Bonjour,
    Cet article est très interressant. Cependant une petite erreur s’est glissée…
    Un titre restaurant peut dépasser les 10€ en France. Aucune legislation n’interdit de dépasser ce montant.

    Arnaud de ticketrestaurant.fr