La politique monétaire de la BCE

Sans surprise la BCE a maintenu son taux de refinancement inchangé à 1% à l’issue de sa réunion de ce jeudi. Trichet-BCELors de sa conférence de presse M. Trichet a réaffirmé que ce niveau était « approprié » et a précisé, lors de la séance de questions réponses, que cela était considéré unanimement par les membres de la BCE.En conséquence, le Conseil des gouverneurs a décidé que le taux qui serait pratiqué lors de sa prochaine adjudication de liquidité à 12 mois, qui se tiendra le 30 septembre prochain, serait celui du taux de refinancement (comme déjà en juin, la BCE n’appliquera donc pas de pénalité sur le taux de cette adjudication).

La fin de la crise selon M.Trichet

Du discours de M. Trichet, il apparaît que la BCE est légèrement plus confiante quant à la conjoncture économique. M. Trichet a d’ailleurs plusieurs fois répété que les informations les plus récentes confortent l’anticipation que « la contraction significative de l’activité est terminée et qu’elle sera suivie par une période de stabilisation puis par une reprise très graduelle ».Selon la BCE, l’activité en zone euro à court terme devrait continuer de bénéficier d’une reprise des exportations, du stimulus macroéconomique mis en oeuvre, des mesures prises pour restaurer le fonctionnement des marchés financiers et l’évolution des stocks devrait contribuer positivement à la croissance. Elle indique toutefois que l’incertitude reste forte et qu’il faut interpréter avec prudence les informations disponibles.

Une augmentation progessive du PIB dans la zone euro

M. Trichet a ainsi reconnu lors de la séance de questions réponses que le PIB de la zone euro pourrait marquer des progressions trimestrielles avant le second semestre 2010 (ce que n’envisageait pas récemment encore la BCE) mais il a surtout insisté aussi sur le fait que l’évolution du PIB pourrait être particulièrement volatile dans les prochains trimestres. Les risques pour ce scénario restent « globalement équilibrés ».Les risques à la hausse sont un effet plus fort qu’attendu des mesures de soutien à l’économie et la mise en place de nouvelles mesures. La confiance pourrait aussi se renforcer plus rapidement que prévu selon la BCE, la détérioration du marché du travail pourrait être moins marquée qu’actuellement anticipé et la demande extérieure pourrait être plus forte que prévu.Du côté des risques baissiers, la BCE mentionne toujours notamment le risque d’un cercle vicieux entre l’économie réelle et les marchés financiers dont la BCE précise, cette fois, qu’ils sont toujours sous tensions. Les nouvelles prévisions macroéconomiques du staff de la BCE vont dans le sens du scénario du Conseil. La prévision centrale de croissance pour 2009 s’établit à -4.1% contre -4.6% précédemment et pour 2010 elle est à +0.2% contre -0.3% précédemment.

Un évolution des prix encore contenue

Le point de vue sur les prix de la BCE est resté inchangé. La BCE considère que la baisse de l’indice des prix sur un an, imputable aux effets de base liés au prix du pétrole, est temporaire. Elle envisage que l’évolution des prix restera contenue dans les prochains mois. Les risques pour ce scénario de prix restent équilibrés. Ils concernent notamment les perspectives d’activité économique et l’évolution du prix des matières premières. Les nouvelles prévisions d’inflation du staff de la BCE ont été révisées très légèrement à la hausse. Le point médian pour 2009 s’établit à +0.4% contre +0.3% prévu en juin et, pour 2010, il est à +1.2% contre +1.0% précédemment.Enfin, on relèvera que lors de la séance de questions réponses, M. Trichet a, comme déjà en août, réaffirmé que la politique exceptionnelle mise en place par la BCE avait été conçue pour permettre une stratégie de sortie rapide ajoutant, toutefois, qu’à ce jour, la sortie d’une telle politique n’était pas d’actualité.

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