Les défaillances d’entreprises en France ont bondi de 15,4% en 2008

Selon les derniers éléments publiés par Euler Hermes, l'augmentation des défaillances d'entreprises est plus rapide que prévue en France. En décembre 2008, cette société prévoyait une augmentation des défaillances de 12%.Nous savons qu'aujourd'hui, elles ont progressé de 15,4% à près de 57.700, soit le niveau le plus élevé depuis les 61.000 faillites de 1997. Cette progression annuelle est la plus forte depuis 1991 où le taux avait atteint16%.Comme nous le disions, en décembre dernier, l'assureur-crédit Euler Hermes prévoyait une hausse limitée à 12 %. «Notre prévision initiale tablait sur un fourchette de 10 à 15%, appelle Karine Berger, directrice des études d'Euler Hermes SFAC. Et le mois de décembre a été particulièrement difficile avec plus de 800 défaillances, en forte hausse par rapport au mois de décembre 2007, déjà mauvais.»Ces défaillances touchent l'ensemble des entreprises, sans distinction de taille ou de secteur. Il faut tout de même noter que les défaillances de sociétés de plus cent salariés s'envolent de 52%. Notre futur ministre du travail, Mr Brice Hortefeux, devra déployer toute son énergie pour espérer limiter l'augmentation du chômage; puisque près de 218.800 salariés (+26%) seront touchés par des dépôts de bilan courant 2009Les secteurs les plus touchées restent globalement les même et continue d'entamer leur lente descente : - Le secteur de la construction représente plus du quart des défaillances d'entreprise en France, et affiche une hausse de 22% de la sinistralité. - Dans l'immobilier, les faillites bondissent de 48%. Il faut tout de même se rappeler que ces dernières années avaient vu fleurir de nombreuses sociétés « spécialisées » dans l'immobilier et alimentées par la bulle. La crise aura au moins le mérite de faire un peu de ménage. - Le transport enregistre une hausse de 23%, avec même une accélération au cours du quatrième trimestre 2008. - Les secteurs de l'hôtellerie-restauration et du commerce de détail affichent des taux de défaillance, respectivement de 26% et 23%. A travers ces chiffres se profilent le spectre du pouvoir d'achat, l'avant crise n'était déjà pas fameux. J'attends d'ailleurs avec impatience les résultats définitifs des soldes qui ne semblent pas être très bon pour le moment. - Enfin l'industrie, qui enregistrait une légère baisse des faillites fin octobre, affiche finalement sur l'ensemble de l'année une hausse de 4% de faillites. Ce qui reste raisonnable, même si de mauvaises langues pourraient dire que la plupart des industries ont fermé depuis bien longtemps en France. Les mauvais résultats des constructeurs automobiles se traduisent par une envolée de 38% des défaillance3. Notons au passage une hausse de 17% dans les biens d'équipements, et de 9% dans l'agroalimentaire, conséquence de la chute de production au dernier trimestre 2008, avec le recul de exportations.Les liquidations et les redressements enregistrent une hausse de 67% et de 13% et représentent respectivement 67% et 32 % des jugements prononcés. Les sauvegardes progressent en fin d'année, mais ne pèsent toujours que 1%.Pour 2009, «nous tablons désormais sur plus de 65.000 défaillances», confie à L'Agefi Karine Berger, contre 63.000 (+12%) prévu jusqu'alors.Une tendance confirmée par Moody's, qui anticipe un bond des taux de défaut pour les sociétés européennes notées en catégorie spéculative de 2% fin 2008 à 16% fin 2009.

A lire aussi :

Les commentaires sont clos.