Investir avec la baisse des taux

Tous les détenteurs d’une assurance-vie ne sont pas au régime. Entre les fonds en euros classiques, mais faisant l’objet d’une gestion très opportune, et des produits de nouvelle génération, il existe plusieurs pistes pour jouer la sécurité sans sacrifier la rentabilité. Bien au contraire. „ Les valeurs sûres Année après année, une poignée de contrats se retrouvent systématiquement parmi les meilleurs : celui de l’Afer, du Conservateur, de la Maaf, de la MACSF ou de la SMA Vie BTP, voire celui de Barclays, qui est un des rares bancassureurs à rivaliser avec le gratin. Leur succès repose sur une gestion financière plus offensive que la moyenne (permise en général par une meilleure solvabilité), l’existence de bénéfices mis de côté, des frais faibles ou une politique de distribution généreuse, voire un peu des trois. Ces produits, qui ont rapporté au moins 4,1 % l’an dernier, ne devraient pas décevoir et, même si leurs rendements ne sont pas à l’abri des baisses, ils demeurent des valeurs sûres pour jouer le meilleur compromis entre risque et performance.

Les nouveaux fonds

Les fonds en euros anciens sont gorgés d’obligations à faible rendement qui pèsent sur leurs performances. Ce n’est pas le cas des nouveaux fonds, lancés depuis 2007 ou 2008. Ceux-là ont démarré leur activité dans une configuration exceptionnellement favorable, avec des taux d’intérêt élevés sur les marchés d’obligations privées (en 2009) et sur les emprunts d’Etat (en 2008). Résultat : leurs rendements sont au sommet. Axéria Vie, filiale du groupe April – qui pourrait être vendue au Crédit Agricole –, signe ainsi le meilleur rendement de 2009 à 5,01 %, après 5,25 % en 2008. Matmut Vie réplique son 4,65 %. Et le fonds Opportunités d’ACMN Vie, distribué sur Internet, finit son premier exercice à 4,6 %. Ces fonds ont une longueur d’avance et devraient la conserver. Mais ils n’échapperont pas à la baisse eux non plus, sauf si les taux longs repartent à la hausse.

Les « eurodiversifiés »

Ces fonds en euros de nouvelle génération, encore très peu répandus, donnent un coup de fouet à la gestion de père de famille : l’an dernier, le contrat vendu par Nortia, un grossiste, et assuré par Dexia Epargne Pension a affiché une performance brute de… 22,59 % ! En raison du mécanisme retenu, les clients voient leur compte progresser de 18 % à près de 30 %. Ces fonds en euros s’articulent autour de deux compartiments. Le premier assure la garantie du capital à un terme défini d’avance, par exemple dix ans, en investissant la somme nécessaire dans des produits essentiellement obligataires. Le solde est, lui, investi dans une poche faisant l’objet d’une gestion beaucoup plus dynamique, puisqu’il est hors de la garantie. La sécurité n’est donc pas identique à celle d’un fonds en euros classique, car la garantie du capital n’est assurée qu’à l’échéance – elle l’est en permanence dans un fonds traditionnel –, mais les résultats compensent largement cette faiblesse. Evidemment, le comportement de tels portefeuilles dépend de l’évolution des marchés. Durant les mauvais crus, comme en 2008, le fonds a baissé de 20 % (les garanties à terme n’ont pas été remises en cause), ce qui le distingue aussi d’un fonds traditionnel. Actuellement, seuls AG2R-La Mondiale et Dexia Epargne Pension commercialisent de tels fonds en euros. Rappelons (voir Investir de la semaine dernière) que l’épargne investie dans ces contrats « diversifiés » n’est pas exclue du patrimoine imposable à l’ISF, contrairement à ce qu’ont fait valoir de nombreux distributeurs depuis leur lancement, en 2006. La gestion « coussin » 5,8% et plus pour un fonds en euros sans risque ? C’est le résultat distribué par AG2R-La Mondiale sur son fonds €urocit, qui fonctionne sur le principe de la gestion «coussin». En début d’année, l’assureur affecte 80 % des capitaux au fonds en euros traditionnel et 20 % à un compartiment investi en actions et géré selon la méthode du coussin. Ainsi, si la valeur de ce compartiment baisse fortement, la position est vendue pour supprimer tout risque de perte ; si elle augmente, les gains constatés à la fin de l’année sont crédités au compte de l’assuré. « En 2009, les marchés ont été porteurs pour cette gestion, mais il y a eu des secousses qui ont limité les performances, explique Roger Bonne, responsable de l’ingénierie de ce produit. Avec la baisse du printemps, nous avons dû désensibiliser la part à risque et n’avons pas profité pleinement de la reprise ». Pour sa première année de fonctionnement, en 2007, ce fonds n’avait pas été très convaincant, avec un rendement de 4,1 % environ, et il avait été affecté en 2008, avec une revalorisation limitée à 0,5 %. « Le concept tient ses promesses, juge pourtant Roger Bonne. Il traverse les crises sans faire prendre de risques aux souscripteurs. » La poche à risque y est investie dans des fonds socialement responsables. En 2009, les gérants avaient retenu Sarasin Sustainable Equity Global et Pictet Funds European Sustainable Equity. En 2010, ils ont reconduit le fonds de Pictet à hauteur de 10 % et sélectionné Elixime Défi Planète (bientôt rebaptisé) de l’UFG pour les autres 10 %. Uniquement diffusés par AG2R-La Mondiale, ces produits peuvent emprunter différents noms et être assis sur d’autres fonds dans certains de ses réseaux de distribution partenaires, comme Nortia (Europatrimoine) ou UFG (€urythmie), un des meilleurs.

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