La flambée de l’or toujours d’actualité

Quelle spectaculaire ascension ! Le franchissement du seuil des 1.000 dollars l’once, en septembre 2009, avait déjà été vécu comme un événement symbolique capital. Et voilà qu’aujourd’hui, sur fonds de craintes systémiques profondes et de retour de l’inflation, l’once flirte avec la barre des 1.500 dollars, ce qui porte la hausse à un peu plus de 6 % depuis le début de l’année.
Une hausse en trompe-l’oeil pour les Européens, car la chute du billet vert annule cette progression en euros. La baisse du dollar a d’ailleurs favorisé l’or qui rejoue, à plein, son rôle – perdu au cours des deux précédentes décennies – de valeur refuge face aux fluctuations monétaires. Le signal d’alarme tiré cette semaine par S&P sur la dette américaine est d’ailleurs le catalyseur qui a permis à l’or d’atteindre la barre des 1.500 dollars. La monétisation des dettes publiques, la flambée du pétrole et l’inflation qu’elle induit, notamment dans les pays émergents sont les éléments de fond qui expliquent la ruée vers l’or.
$L'or bat le dollar ou quand Napoléon bat Benjamin Franklin
Une ruée qui a pris une nouvelle ampleur, avec le développement de produits financiers comme les ETP et autres trackers (lire ci-contre), qui ont fondamentalement modifié la structure de la demande (voir graphique). La demande croît, l’offre pas Le métal jaune est devenu un produit universellement recherché. Le dollar ayant perdu de son lustre, les banques centrales des pays émergents sont devenues friandes d’or pour diversifier leurs réserves de change. En 2010, pour la première fois depuis 22 ans, même les banques centrales de l’Occident et des grands pays industrialisés sont redevenues acheteuses nettes d’or. La demande à des fins d’investissement de la part des particuliers et des institutionnels est toujours aussi forte. C’est vrai pour les produits comme les ETP, ces certificats adossés à un stock d’or physique conservé dans une banque qui ont démocratisé et simplifié la démarche, ou l’or physique (lingots, pièces). Si la demande a décru de 2 % en 2010 par rapport à 2009, l’année a tout de même été marquée par la deuxième plus forte collecte de tous les temps…
C’est vrai aussi, de manière plus surprenante, pour la bijouterie en Chine et en Inde. Les bijoux y sont considérés comme une sorte d’assurance « familiale » de lutte contre l’inflation, et la demande a progressé de 17 % en 2010. Le World Gold Council estime que la demande chinoise et indienne devrait continuer à croître rapidement en 2011. L’achat de bijouterie est, d’ordinaire, très sensible aux prix, mais le verrou psychologique semble avoir sauté. De quoi maintenir la tension sur un marché où l’offre reste limitée. Les possibilités de la développer du côté des mines sont extrêmement restreintes et la politique d’achat des banques centrales a tari une des sources d’approvisionnements du marché.
La hausse se poursuivra mais de manière moins forte
La question est « Et maintenant ? » « On en est arrivé à 1.500 $ l’once après une importante phase de consolidation en février et mars. La hausse ne s’est pas faite comme pour l’argent métal, en flèche, ce qui peut préluder à un retournement tout aussi fulgurant », explique Jean-Philippe Roos, gérant de Fructifonds International Or chez Natixis Asset Management. Les raisons de la hausse persistent « L’or, à l’inverse, a franchi des paliers. Le marché devrait donc logiquement se calmer avant le franchissement d’une prochaine marche, car, sur le fond, les facteurs de soutien sont toujours là. Nous devrions donc assister à une phase de consolidation. Si la hausse se poursuit de manière trop rapide, il conviendra de s’interroger sur l’opportunité d’un allégement. » Consolidation ne veut pas dire décrue. Tant que les doutes systémiques demeureront, l’or restera à des cours élevés.
A terme, nombre d’analystes conservent comme objectif 1.700 $, puis 2.000 $, ce qui correspond, à monnaies constantes, aux niveaux, alors record, atteints par le métal en 1980. Le facteur le plus évident qui pourrait amorcer une baisse serait une réévaluation nette des taux d’intérêt. Celle-ci pourrait conduire ceux qui ont investi massivement dans des ETP à retirer leurs fonds, pour lesquels ils pourraient trouver des destinations bien plus rémunératrices. Pour nombre d’observateurs, ce retrait ne se manifestera pas tant que les taux réels ne dépasseront pas les 2 %. Et, quoi qu’il en soit, une nouvelle donnée doit être prise en compte : celle de la volatilité.
Le moment idéal pour vendre son or
Aujourd'hui il est intéressant de revendre certains de ses bijoux. L'or devrait comme vous l'avez lu continuer à augmenter mais de manière moins importante. Les taux d'épargne devrait dépasser d'ici la fin de l'année les 2% ce qui aura pour conséquence réelle "d'éteindre" cette flambée sur les cours.
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