Crédit Agricole, Groupama, Société Générale
Le monde bancaire français bruisse de nouveau de rumeurs, mais la principale, celle d'une alliance géante entre Crédit Agricole SA, Société Générale et Groupama, divulguée lundi 26 octobre par LeMonde, paraît bien mal partie.
L'initiative serait partie de Crédit Agricole SA, désireux de se rapprocher de Groupama, sixième assureur français. A partir de là, l'idée serait venue d'associer la Société Générale au nouvel ensemble, Groupama détenant un peu plus de 4% du capital de la Société Générale, qui possède près de 5% de Groupama Banque.
Crédit Agricole «couve» en fait depuis près de deux ans la Société Générale, souhaitant à tout prix éviter que BNP Paribas ne s'en empare. Depuis lors, les deux établissements ont renforcé leurs partenariats dans le courtage (Newedge, créé en janvier 2008) et la gestion d'actifs (fusion CAAM-SGAM annoncée en janvier 2009).
Les directions des deux banques ont démenti l'existence de négociations en vue d'un grand mariage. Et les caisses régionales y seraient opposées de peur de perdre le contrôle de l'ensemble. Surtout, un tel montage semble impossible à mettre en œuvre pour des raisons de concurrence. Le rapprochement du groupe Crédit Agricole avec la Société Générale conférerait au nouvel ensemble un poids supérieur au tiers du marché français du crédit, un niveau certainement inacceptable pour les autorités française et européenne de la concurrence.
Un autre scénario circule discrètement sur la place : celui d'une alliance entre Société Générale et BNP Paribas, ce qui donnerait naissance au troisième acteur de la banque de détail en France, au poids globalement équivalent à celui du Crédit Agricole ou de BPCE. Un mariage Société Générale - Groupama aurait aussi un sens.
BNP et Crédit Agricole remboursent l'ÉTAT
En attendant ces hypothétiques mouvements stratégiques, les établissements cherchent toujours la normalisation de leur situation. Cette semaine, BNP Paribas et Crédit Agricole SA ont remboursé les avances en fonds propres de l'Etat (respectivement 5,1 et 3 milliards d'euros), tandis que la Société Générale a bouclé avec succès son augmentation de capital de 4,8milliards d'euros. La pression des pouvoirs publics et de l'opinion ne retombe pas pour autant. Après avoir dû accepter de payer pour la mise en place d'un nouveau régulateur financier, les établissements vont devoir verser de 180 à 200millions d'euros pour le renforcement du fonds de garantie des dépôts. En revanche, plus important pour elles, les banques échapperont à la surtaxe de 10%sur les bénéfices, soutenue par l'opposition, adoptée par l'Assemblée nationale vendredi 23 octobre et finalement rejetée le lundi suivant. Aux Etats-Unis, la Fed comme la Chambre des représentants, ont dit réfléchir à une contribution de ce typeA lire aussi :
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