Avez-vous un compte en Suisse?

Ces derniers jours vous aurez remarqué que la presse économique parle beaucoup de la participation de HSBC au forum économique mondial de Davos . Le vendredi 30 janvier, le président d' HSBC a appelé à la mise en place d'un nouvel ensemble de principes et de règles destinés à renforcer la transparence du marché financier et a déclaré vouloir créer un forum permettant aux grandes entreprises internationales de s'engager auprès des gouvernements et des autorités de réglementation au fur et à mesure de la construction de ce nouveau marché.

Un nouveau cadre financier

« Le cadre financier actuel, bien qu'il ait été défini avec les meilleures intentions du monde, s'est finalement révélé inadapté et doit être totalement revu, a indiqué Stephen Green, le président du Groupe, invité à Davos. La comptabilité en juste valeur (NDLR: la comptabilité en juste valeur évalue le montant d'un actif en fonction de son prix de marché ou du prix de marché estimé) a considérablement accru la volatilité des résultats, qui n'est due qu'en partie à des facteurs économiques. Par ailleurs, le niveau de solvabilité imposé aux banques depuis Bâle II (les accords de Bâle II fixent la réglementation bancaire. Ils constituent une norme internationale qui peut servir de référence aux autorités de réglementation pour l'élaboration des règles définissant notamment les fonds propres dont doivent disposer les banques) a contraint nombre d'entre elles à devoir satisfaire à des exigences de capitaux propres à une période où leurs clients attendaient davantage de souplesse dans l'octroi des prêts. »

Une association d'entreprises et d'états

L'agence Reuters et des éminents journaux comme le  Financial Times ont évoqué la volonté du Groupe HSBC de rassembler les entreprises internationales afin de mieux coordonner les intérêts du monde des entreprises et ceux des principaux gouvernements. Ce groupe, provisoirement baptisé « Business 20 » ou « B20 », rassemblera les 20 plus importants pays industrialisés et en développement du monde et s'attachera à représenter les intérêts des entreprises tournées vers l'international. « Les entreprises doivent travailler avec les gouvernements et les autorités de réglementation pour créer un nouveau marché mondial, pour tous les secteurs et pour tous les consommateurs », a déclaré Stephen Green. Il a également ajouté que la décision de rechercher une réponse coordonnée à la crise actuelle au sein du G20 était appropriée et insisté sur l'importance du rôle des pays en développement comme l'Inde et la Chine dans la réforme du système financier mondial. La proposition de HSBC a été saluée par le gouvernement britannique et le monde des affaires. Shriti Vadera, ministre britannique des Affaires, a déclaré que la mise en place d'une réponse coordonnée de la part des entreprises, afin de compléter celle apportée par les différents gouvernements, prouvait « la nécessité d'adopter une approche commune pour résoudre les difficultés de la période actuelle, une crise sans précédent ». Sir Martin Sorrell, directeur du groupe publicitaire WPP, partage le même sentiment. « Notre engagement auprès des gouvernements n'a jamais été aussi important », a-t-il déclaré au Financial Times.

Rester indépendant

Petit coup de publicité oblige,  Stephen Green a également souligné que l'indépendance du Groupe était cruciale pour ses clients. « Notre position de banque internationale indépendante renforce incontestablement la valeur de notre proposition, tant pour les investisseurs que pour les clients », a-t-il précisé. Rappellez-vous qu'HSBC fait partie des rares groupes bancaires à ne pas avoir accepté l'aumône l'aide des différents gouvernements. Il prévoit par ailleurs une cession progressive des participations achetées par les Etats au sein des institutions financières pour les soutenir au plus fort de la crise. « Les parts détenues par les gouvernements devront être vendues lorsque les banques auront retrouvé leur solidité financière ».

Gérer le risque

Le président d'HSBC a rappelé que les risques associés aux activités bancaires ne s'atténueront pas dans la mesure où les banques continueront à investir sur les marchés des changes, des taux d'intérêt et des produits dérivés. « Les activités bancaires comportent un risque et ce risque ne va pas disparaître, a-t-il expliqué. C'est l'appétence pour le risque, qui avait considérablement augmenté ces dernières années, et qui d'ailleurs s'est auto-détruite en pensant éliminer tous les risques grâce à la mise en place de tous ces merveilleux produits, qui reflue à présent. » Belle initiative d'un groupe bancaire qui a tout de même perdu lui aussi quelques milliards d'euros. Pendant ce temps-là à la BNP...

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Un commentaire à “Avez-vous un compte en Suisse?”

  1. La déclaration par le Président de la HSBC est inquiétante quand il dit que les risques associés aux activités bancaires ne s’atténueront pas… Est-ce que personne n’a appris des dernières années? Est-ce que personne se pose la question sur comment nous en sommes arrivés à cette situation là? Les Banques Suisse doivent certainement réagir en raison des conséquences de la crise économique sur le secteur bancaire Suisse! Ce sont les épargnants qui ont soufferts le plus.